Textes

Asia Bibi

Asia Bibi
Condamnée à mort pour un verre d'eau.


Il fait 45 °C ce jour-là, dans ce champ du Pendjab. Asia cueille des baies depuis plusieurs heures. Une récolte éprouvante, mais Asia et son mari ont cinq enfants à nourrir. Vers midi, en nage, Asia va jusqu'au puits le plus proche, prend un gobelet et boit de l'eau fraîche. Un verre, puis un autre.
C est alors que sa voisine par jalousie, par bêtise, crie que cette eau est celle des femmes musulmanes et qu'Asia, chrétienne, la souille en s'en servant. Le ton monte... Et soudain, un mot fuse : « Blasphème ! ». Au Pakistan, c'est la mort assurée. Le sort d Asia est scellé.
C'était le 14 juin 2009. Asia Bibi est jetée en prison. Un an après, elle est condamnée à être pendue. Depuis elle croupit dans une cellule sans fenêtre. Sa famille a dû fuir son village, menacée par les extrémistes.
Deux hommes lui sont venus en aide : le gouverneur du Pendjab et le ministre des Minorités, un musulman et un chrétien. Tous deux ont été assassinés sauvagement.
Asia Bibi nous écrit du fond de sa prison. Elle est devenue une icône pour tous ceux qui luttent, au Pakistan et dans le monde, contre toutes les violences faites au nom des religions.

Présentation de l'éditeur

Asia Bibi

L'eau

L'eau, source de vie, la mer, les océans, la pluie, sont nourrices pour que nous puissions traverser notre temps sur terre. Mais le tsunami japonais rappelle à l'homme, cette bête étrange, qu'il doit respecter cette terre qui le porte. La terre a donc pleuré avec violence, elle s'est mise à trembler et pleurer des vagues immenses comme celles d'Hokusai. Malheur aux hommes sur sa route, beaucoup d'âmes se sont envolées dans ce déluge.
Dis nous,la terre, tu as fait fort, sommes nous si arrogants pour que tu nous ensevelisses dans ce vacarme, avec cet air et cette mer polluée pour un temps inconnu.
Pourtant, la bête étrange n'a pas encore entendu... Faudra-t-il qu’elle attende son dernier souffle pour comprendre, l'autre côté est certainement "lumière" mais pour l'instant tu manques un peu d'éclairage. L'eau est source de vie encore faut-il la respecter comme sa soeur la nature.

Christian

Il faut laisser les vieilles maisons...

Il faut laisser les vieilles maisons se taire pour que les ancêtres puissent revenir car je crois qu’aucune vie n’est jamais finie, il n’y a jamais le mot « Fin » au bas de la page de la grande « Vie ».La Vie, je crois, continue et les voix anciennes font surface … aucun sourire n’est perdu, aucun baiser, les somptueux couchers de soleil sont répertoriés dans une mémoire particulière.Celui qui se réveille la nuit rencontre des milliers d’êtres passés, présents ou à venir, rien n’est jamais fini ni défini. L’éternité, elle-même, je me suis laissé dire qu’elle n’avait point de fin, coule comme un fleuve bien plus large que le fleuve jaune.Notre peau a gardé la mémoire de toutes les caresses. Parfois, on a trop peu de temps pour parler à celles et à ceux que l’on frôle.Chacune de nos vies est une épopée, nous écrivons notre homérique histoire, à petit pas, le soleil s’enfonce dans l’horizon, se sauve et retourne dans les coulisses de l’univers.Le corps est-il une cathédrale où se répercutent et s’amplifient les échos de toutes les naissances? L’oiselet qui chante à tue-tête au lever du soleil est aussi important que le bébé qui vient de naître et la jonquille toute seule dans mon jardinet illumine peut-être le cosmos en son entier.Notre vie est-elle une bande de Moebius qui n’a ni commencement ni fin?Qui sont ces milliards d’êtres qui chuchotent dans toutes les langues du levant au ponant ? Est-il possible de répertorier l’univers en son entier? Est-il possible de visualiser les heures qui galopent à toute allure dans la grande plaine du temps? Laissez juste une fenêtre ouverte sur le ciel afin que les ancêtres puissent se glisser près de vous dans la pénombre familière du mystère. Julos Beaucarne 27 avril 2011